Libre opinion

Vendredi 1 septembre 2017

 

                                                                                         

                                                                                          Monsieur Louis Vaney

                                                                                          Président

                                                                                          Association Genevoise

                                                                                          des Musiciens de Jazz

                                                                                         

 

 

                                                                                          Thônex, le 26 juin 2017

 

Concerne : Fête de la Musique 2017

 

Cher Louis,

Bien qu'ayant donné le soir même un concert totalement hors fête de la musique, je suis allé ensuite jeter un coup d'œil à la Promenade du Pin vendredi soir et eu le plaisir d'écouter un super orchestre de blues.

Cela m'a amené à une petite réflexion sur les bases originelles de cette fête qui comme chacun le sait a été lancée il y a maintenant plus de vingt ans par Jack Lang en France.

Il me semble me rappeler que le but premier était de donner l'opportunité aux musiciens qui n'avaient pas ou que peu d'occasions de se produire en public, d'avoir le plaisir de jouer dans les rues et de se faire connaître. Valable également pour ceux qui n'avaient pas encore la chance de jouer dans un groupe.

La fête est devenue ce qu'elle est, elle a pris de l'ampleur et, comme tous bons suisses, les genevois (en particulier leurs autorités), ont pris la chose en mains afin de "l'organiser".

C'est ainsi que, par rationalisation, des associations comme l'AGMJ ont été amenées à programmer des orchestres, ce qui permettait d'avoir un peu de cohérence dans cette vaste organisation.

Et c'est là que je me pose la question suivante : de par ce qui précède, ne vaudrait-il pas mieux que ces groupements, l'AGMJ en particulier, fassent jouer et donnent exclusivement la préférence à leurs propres adhérents au lieu de se transformer en imprésarios qui placent des orchestres choisis ou qui en font la demande ? Formulé autrement, est-ce plus important que l'association se mette en évidence ou que ce soit les musiciens ?

Si je soulève ce problème, c'est que j'ai l'impression que nous avons placé sur scène une foule de musiciens qui ont utilisé l'AGMJ à cet effet, la considérant comme une porte d'entrée à cette manifestation.

Je ne connais plus tous les membres de notre chère association aussi je ne peux pas prétendre comptabiliser si tous les groupes avaient au moins un des musiciens faisant partie de l'AGMJ. Il est vrai que dans le temps, pour recruter des membres, nous demandions qu'une majorité des musiciens d'un groupe engagé dans nos concerts, aux Halles de l'Ile ou ailleurs, ait payé sa cotisation. Pour moi un seul devrait suffire mais ce n'est pas une raison pour renoncer à inciter les autres de s'abonner dès lors qu'ils profitent du système.

Que penses-tu de cette vision des choses ? Je ne parle pas pour moi qui n'ai rien demandé mais je pourrais imaginer que, dans une prochaine édition, un appel soit en premier lieu fait à nos membres par le truchement du journal One More Time pour connaître ceux qui souhaiteraient se produire à la Fête de la Musique, seuls, en groupe, soit encore en formant un groupe pour l'occasion comme j'ai pu comprendre que vous l'avez fait avec le One More Time Sextet . Et s'il reste de la place, libre à ce moment-là à l'AGMJ d'engager d'autres groupes extérieurs à notre association pour compléter la programmation.

A ce propos, en jetant un coup d'œil à la programmation générale, je constate que l'AMR essaime un peu partout sur les trois jours et fait jouer ses propres musiciens le samedi; que le jazz manouche monopolise avec seulement deux groupes la scène de la promenade St-Antoine le vendredi soir, et que le samedi, il se place à la promenade St-Antoine et au Pin, etc…

Encore une fois, je ne veux pas faire de comptabilité, j'aimerais seulement savoir si les groupes engagés par l'AGMJ avaient tous des relations d'affiliations avec nous et si nous n'avons pas assez de musiciens et de groupes pour occuper une scène pendant un ou deux jours.

Voilà cher Louis mes remarques quand à cette organisation, je pense que nous aurons l'occasion d'en reparler et, si tu en vois la nécessité, je n'ai rien contre le fait  que ce texte (même adapté) paraisse dans un prochain One More Time.

Avec toutes mes amitiés.

 

                                                                                          Gilbert Rossmann

 

Gilbert Rossmann